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Campagne nationale 2026 contre la soumission chimique : ce qu'il faut retenir et comment se protéger

Campagne nationale 2026 contre la soumission chimique : ce qu'il faut retenir et comment se protéger

Mis à jour le 30 septembre 2026

Depuis le 28 septembre 2026, une campagne nationale contre la soumission chimique est diffusée à la télévision, sur les réseaux sociaux et en affichage dans toute la France. Portée par l'association M'endors pas et soutenue par le ministère chargé de l'Égalité entre les femmes et les hommes, elle donne la parole aux victimes qui ne peuvent pas raconter ce qu'elles ont subi, parce qu'elles ne s'en souviennent pas. Voici ce qu'il faut retenir de cette campagne, les derniers chiffres officiels, les bons réflexes et les moyens concrets de prévention en soirée.

L'essentiel en 30 secondes

  • La campagne « M'endors pas » est diffusée du 28 septembre au 18 octobre 2026 sur une vingtaine de chaînes, en presse, sur les réseaux et en affichage.
  • Elle oriente les victimes vers le CRAFS (Centre de référence sur les agressions facilitées par les substances) : 01 40 05 42 70.
  • En 2024, l'ANSM a recensé 1 377 signalements d'agressions facilitées par des substances. Dans les cas vraisemblables, 3 agresseurs sur 4 sont connus de la victime.
  • En soirée, des gestes simples réduisent le risque : ne jamais laisser son verre sans surveillance, le couvrir, le tester en cas de doute.

1. La campagne nationale « M'endors pas » : ce qu'il faut savoir

La campagne a été lancée le 28 septembre 2026 par l'association M'endors pas, fondée par Caroline Darian pour lutter contre la soumission chimique. Le film a été réalisé par Rebecca Zlotowski, avec l'agence Havas Paris, et bénéficie du soutien du ministère chargé de l'Égalité entre les femmes et les hommes.

Son message tient en une phrase : « Il y a des crimes que l'on ne peut pas raconter, parce qu'on ne s'en souvient pas. » Le film montre des victimes qui tentent de décrire ce qui leur est arrivé, sans y parvenir. Il rappelle qu'un crime sans souvenir reste un crime, et qu'il est possible de demander de l'aide même sans se souvenir précisément des faits.

Élément Détail
Porteur Association M'endors pas (Caroline Darian)
Soutien Ministère chargé de l'Égalité entre les femmes et les hommes
Dates Du 28 septembre au 18 octobre 2026
Diffusion Une vingtaine de chaînes TV, presse, réseaux sociaux, affichage dans plusieurs grandes villes
Ressource mise en avant Le CRAFS, centre de référence national sur les agressions facilitées par les substances

2. Pourquoi cette campagne contre la soumission chimique maintenant

Mobilisation citoyenne contre la soumission chimique devant l'Assemblée nationale
Illustration : la lutte contre la soumission chimique est devenue un combat collectif.

Le sujet de la soumission chimique a pris une place inédite dans le débat public avec l'affaire dite de Mazan. Gisèle Pelicot a été droguée à son insu par son mari pendant près de dix ans afin d'être violée par des dizaines d'hommes. En refusant le huis clos lors du procès, elle a choisi que « la honte change de camp ». Elle apparaît dans la dernière séquence du film de la campagne, aux côtés de sa fille Caroline Darian.

Cette affaire a mis en lumière une réalité souvent méconnue : la soumission chimique ne se limite pas aux soirées et aux inconnus. Elle a lieu très souvent dans la sphère privée, par des proches, avec des médicaments détournés.

Plusieurs avancées ont suivi :

  • la création du CRAFS en septembre 2024, plateforme d'écoute et d'orientation pour les victimes et les professionnels ;
  • la loi de novembre 2025 qui intègre la notion de consentement dans la définition pénale du viol ;
  • depuis le 1er janvier 2026, une expérimentation de prise en charge des analyses toxicologiques par l'Assurance Maladie, sur ordonnance et sans obligation de porter plainte, en Île-de-France, dans les Hauts-de-France et en Pays de la Loire.

Pour aller plus loin sur le travail parlementaire, lisez notre article sur les 50 mesures proposées par Sandrine Josso et Véronique Guillotin.

3. Soumission chimique en France : les chiffres officiels 2024

L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) publie chaque année les résultats de son enquête nationale. Les données 2024, publiées en juillet 2026, confirment l'ampleur du phénomène.

1 377signalements d'agressions facilitées par des substances en 2024
85,5 %des victimes sont des femmes
75,7 %des agresseurs sont connus de la victime (cas vraisemblables)
24 ansâge médian des victimes de soumission chimique vraisemblable

Source : ANSM, enquête nationale soumission chimique 2024.

Parmi les substances impliquées, les médicaments sédatifs (anxiolytiques, somnifères, antihistaminiques) représentent près de 60 % des mentions. Côté substances non médicamenteuses, la MDMA arrive en tête. Le GHB, souvent appelé « drogue du violeur », reste présent mais n'est pas majoritaire, notamment parce qu'il disparaît très vite de l'organisme et échappe souvent aux analyses.

Ces chiffres ne reflètent qu'une partie de la réalité. Selon l'Observatoire national des violences faites aux femmes, seule une victime sur dix porte plainte. Retrouvez le détail des statistiques dans notre article Soumission chimique en France : ce que révèlent les derniers chiffres officiels.

4. Soumission chimique en soirée : les situations à risque

Si une grande partie des cas survient dans la sphère privée, le milieu festif reste un contexte fréquent : bars, boîtes de nuit, festivals, soirées étudiantes, soirées entre amis. Les situations les plus à risque sont connues :

  • un verre laissé sans surveillance, même quelques secondes ;
  • un verre offert par une personne que l'on ne connaît pas, ou préparé hors de sa vue ;
  • les lieux bondés, où il est facile d'approcher un verre sans être vu ;
  • la fatigue et l'alcool, qui masquent les premiers effets d'une substance.

Une autre forme a émergé ces dernières années : la soumission chimique par piqûre, signalée notamment dans les festivals et les boîtes de nuit.

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5. Signes et réflexes : que faire en cas de doute

Les signes qui doivent alerter

Une substance administrée à son insu peut provoquer des effets disproportionnés par rapport à ce qui a été bu : somnolence soudaine, vertiges, nausées, confusion, difficulté à parler ou à marcher, sensation d'ivresse très rapide, puis trous de mémoire au réveil. Environ la moitié des victimes ne se souviennent pas des faits.

Les bons réflexes

  1. Se mettre en sécurité et prévenir une personne de confiance, le personnel du lieu ou la sécurité.
  2. En cas d'urgence, appeler le 17 (police), le 15 (SAMU) ou le 112.
  3. Agir vite pour les analyses : les prélèvements de sang et d'urine peuvent être refusés au-delà de 5 jours. Les cheveux gardent des traces plus longtemps (voir notre article sur l'analyse de cheveux).
  4. Conserver les preuves : le verre ou la boisson suspecte, noter l'heure, le lieu, les personnes présentes. Ne pas couper, teindre ni brosser ses cheveux.
  5. Demander de l'aide, même sans souvenir précis des faits.

Où trouver de l'aide

  • CRAFS : 01 40 05 42 70, du lundi au vendredi de 9 h à 13 h et de 14 h à 18 h (lecrafs.com). Ce n'est pas un service d'urgence.
  • France Victimes : 116 006, 7 j/7.
  • Violences Femmes Info : 3919, gratuit et anonyme, 24 h/24.
  • Drogues Info Service : 0 800 23 13 13.

Nos guides détaillés : Verre drogué en soirée : que faire immédiatement ? et Soumission chimique : que faire si je suis victime ?

6. Se protéger en soirée : les gestes qui comptent

La prévention repose d'abord sur des habitudes simples : garder son verre en main, ne pas accepter un verre dont on n'a pas vu la préparation, sortir en groupe et veiller les uns sur les autres, convenir d'un point de rendez-vous. Pour aller plus loin, retrouvez nos 10 conseils pour sortir seule en sécurité et nos conseils aux parents qui veulent parler des risques de soirée avec leurs enfants.

Deux outils concrets complètent ces réflexes :

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7. Collectivités, associations, organisateurs : agir sur le terrain

Stand de prévention contre la soumission chimique devant une mairie
Illustration : mairies, associations et organisateurs relaient la prévention au plus près du public.

Une campagne nationale fait naître des questions. Les structures en contact avec le public ont un rôle clé pour transformer cette prise de conscience en gestes concrets. De nombreuses initiatives existent déjà, comme l'opération « Touche pas à mon verre » de la Région Sud.

Qui peut agir ?

  • Mairies, départements, régions : actions de prévention lors des fêtes locales, des festivals et des événements jeunesse.
  • Services prévention et santé, CPTS, associations : stands de sensibilisation, distribution de kits.
  • Universités, écoles et BDE : soirées d'intégration et événements étudiants (voir comment les BDE se mobilisent).
  • Organisateurs d'événements et festivals : sécurité du public (voir notre checklist sécurité 2026).
  • Bars, discothèques et pharmacies : mise à disposition de protections et de tests (voir Capote2Verre en pharmacie).
  • Entreprises : actions RSE, séminaires et soirées d'entreprise.

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8. Questions fréquentes sur la soumission chimique

Qu'est-ce que la soumission chimique ?

La soumission chimique consiste à administrer une substance à une personne à son insu, ou sous la menace, afin de commettre un délit ou un crime : agression sexuelle, viol, vol. On parle de vulnérabilité chimique lorsque la victime a consommé volontairement une substance (alcool, drogue) dont un agresseur profite.

Qu'est-ce que la campagne « M'endors pas » ?

C'est la campagne nationale de sensibilisation lancée le 28 septembre 2026 par l'association M'endors pas, fondée par Caroline Darian, avec le soutien du ministère chargé de l'Égalité. Elle est diffusée jusqu'au 18 octobre 2026 et oriente les victimes vers le CRAFS.

Quel numéro appeler en cas de soupçon de soumission chimique ?

En urgence : le 17, le 15 ou le 112. Pour être écouté et orienté : le CRAFS au 01 40 05 42 70 (du lundi au vendredi, 9 h - 13 h et 14 h - 18 h), le 3919 ou France Victimes au 116 006.

Combien de temps une substance reste-t-elle détectable ?

Cela dépend de la substance. Certaines, comme le GHB, disparaissent du sang et des urines en quelques heures. C'est pourquoi il faut consulter le plus vite possible : les prélèvements de sang et d'urine peuvent être refusés au-delà de 5 jours. L'analyse des cheveux permet de retrouver des traces plusieurs semaines après.

Les analyses toxicologiques sont-elles remboursées ?

Depuis le 1er janvier 2026, une expérimentation de trois ans permet une prise en charge par l'Assurance Maladie, sur ordonnance et sans obligation de porter plainte, en Île-de-France, dans les Hauts-de-France et en Pays de la Loire.

Comment protéger son verre en soirée ?

Garder son verre en main, ne jamais le laisser sans surveillance, refuser un verre dont on n'a pas vu la préparation, le couvrir avec une protection comme la Capote2Verre et, en cas de doute, le tester avec un test de détection comme le test CYD.

Une collectivité peut-elle commander des kits de prévention personnalisés ?

Oui. Mairies, départements, associations, universités, organisateurs d'événements et entreprises peuvent commander des protections de verre, des tests et des éthylotests en volume, personnalisés à leur logo. Il suffit de remplir notre formulaire de demande de devis.

Sources : ANSM, enquête nationale soumission chimique 2024 (juillet 2026) ; Le CRAFS (lecrafs.com) ; Ameli.fr, « Victime de soumission chimique : agir sans délai » ; Influencia, présentation de la campagne M'endors pas (septembre 2026) ; Santé Mentale, expérimentation de prise en charge des analyses (décembre 2025).

9. Demander un devis pour votre structure

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